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mardi 27 octobre 2015

Où je rencontre Robert Campbell, l'unique chocolatier bean-to-bar de Philadelphie

En compagnie de Robert Campbell

Si vous suivez mon défi "37 chocolats" depuis ses débuts, vous avez peut-être remarqué qu'il est impossible de s'intéresser au chocolat artisanal américain sans se pencher sur la région de San Francisco. Cette région est en effet associée à une tradition chocolatière qui remonte au 19ème siècle avec la création de Ghirardelli, Guittard ou, plus récemment de Scharffen-Berger et TCHO. Je me désespérais de trouver un chocolatier plus près de chez moi, en Pennsylvanie, lorsque Robert Campbell, autrement connu sous le nom de Chocolate Alchemist, m'a contactée sur Instagram. Son compte était alors assez fouilli et c'est en échangeant quelques messages avec lui que j'ai découvert qu'il s'agissait de l'unique chocolatier bean-to-bar de Philadelphie.

Un chocolatier bean-to-bar (de la fève à la tablette en français) est un artisan qui produit ses tablettes à partir de fèves de cacao sélectionnées par ses soins. C'est un processus long et coûteux mais qui permet d'obtenir des barres avec beaucoup de personnalité sans recourir à des additifs tels que la vanille ou la lécithine de soja. Vous le constaterez d'ailleurs en regardant notamment mes revues mais beaucoup de chocolats artisanaux (craft chocolate en anglais) ne contiennent que deux ingrédients : des fèves de cacao et du sucre.


Via la magie des médias sociaux, Robert Campbell m'a invitée à découvrir ses tablettes de chocolat ainsi que ses chocolats chauds il y a une dizaine de jours. Un gros rhume a failli m'empêcher de le rencontrer à la dernière minute mais Robert a trouvé les mots pour me convaincre de venir.

"So I have been breaking my a** making bars for this weekend and now your not coming?"

Gloups.

Après m'avoir assuré que son système immunitaire était particulièrement performant (tout ce chocolat, sûrement), j'ai donc laissé à Jonathan le soin de s'occuper des enfants et j'ai pris la voiture en direction de Philadelphie.


Robert Campbell ne possède pas (encore) son propre atelier. Il produit ses chocolats dans la cuisine de Sazon, le restaurant vénézuélien de sa femme Judith. Sazon est situé dans un ancien quartier industriel de Philadelphie, les Northern Liberties, qui attire aujourd'hui artistes et jeunes familles.

A l'ouverture ce matin, c'est la maman de Robert qui s'est levée pour m'accueillir dans le restaurant encore vide.

"Bob, she's here !"

Robert est apparu dans un tablier tout propre puis il est venu me saluer - une bise sur la joue gauche suivie d'un hug.



Robert est un artisan aux allures de rock star. Il aime le sport et la moto mais c'est le chocolat qui le passionne. Il est capable de parler de chocolat pendant des heures et il n'a pas la langue dans sa poche lorsque nous abordons le sujet de ses concurrents, des critiques gastronomiques et des tendances en matière de chocolat (il pense aux chocolats d'origine). Il s'emporte régulièrement sur Instagram et j'ai vite arrêté de compter le nombre de fois qu'il a prononcé le mot f*** en ma compagnie.

Aux alentours de midi, Robert m'a suggéré de déjeuner pour que je puisse déguster ses chocolats dans les meilleures conditions. Il m'a suggéré un plat, que j'ai commandé, et c'est ainsi qu'une surprenante mais savoureuse omelette au poisson et aux plantains s'est matérialisée devant moi.


Voilà donc 11 ans que Robert réalise son propre chocolat chaud à Philadelphie à partir de fèves sélectionnées par ses soins. C'est une boisson qui l'inspire et qui complémente à merveille les plats que Judith prépare en cuisine. Robert considère le chocolat comme un véritable aliment et non comme une confiserie. Il s'agit pour ce grand sportif d'une véritable source d'énergie et de nutrition. Il est critique à l'égard des chocolatiers qui travaillent le chocolat tels des orfèvres et soumettent leur produit à des cycles de tempérage répétés.

Il aime les mélanges de cacao qu'il lui permettent d'exprimer sa personnalité en tant que chocolatier. Il ne supporte pas le conchage excessif des tablettes qui privilégie l'obtention d'une texture lisse et crémeuse au détriment du goût. Pour illustrer son propos, il m'a fait goûter un fragement d'une plaque de chocolat conchée pendant 72 heures qui nappait effectivement le palais de manière excessive.

Les tablettes de Chocolate Alchemist sont disponibles en deux formats, classique (2 oz environ) et en mini-barres, comme le fait Twenty-Four Blackbirds. Je lui laisse ici le soin de présenter ses chocolats.


Les tablettes de Robert sont à l'image de son créateur : sans compromis. Leurs arômes sont intenses mais équilibrés. J'ai adoré son Clasico qui rassemble toutes les qualités que je recherche dans un chocolat : crémeux, fort en cacao et croquant, grâce aux morceaux de noisettes incorporés dans les tablettes.


J'ai ensuite testé ce pour quoi Chocolate Alchemist est le plus connu : le chocolat chaud ! Il s'agit selon lui de la meilleure manière de déguster la fève de cacao, si bien qu'il propose 27 variétés de chocolats chauds. J'en ai moi-même goûté trois, à commencer par le "Calabaza". Inspiré par l'automne, ce chocolat chaud contient de la courge fraiche, de la muscade, des noix de pécan et des graines de courge. C'est un vrai chocolat chaud riche en goût qui se mange à la cuillère mais qui relève le pari difficile d'être riche et nourissant sans être sucré ou écoeurant. Une réussite. Le "Clasico" est une interprétation d'un chocolat au lait classique. Enorme coup de coeur encore pour ce chocolat onctueux, très peu sucré encore, qui laisse les nuances du mélange de cacao pleinement s'exprimer. C'est vraiment le meilleur chocolat chaud auquel j'ai goûté aux Etats-Unis.

Le troisième chocolat était réalisé à base d'eau pour les plus hardcores des chocophiles. Pour être honnête, j'ai eu du mal à apprécier ce chocolat acide et à peine sucré à la texture granuleuse. C'est en effet une boisson pour les vrais amateurs de cacao pur.


J'ai passé au final plus de quatre heures en compagnie de cet incroyable chocolatier. J'ai été touchée par son hospitalité (il m'a offert ses chocolats chauds et ses tablettes) ainsi que pour son incroyable soutien pour mes revues dont l'audience reste encore confidentielle. Robert, sa femme et sa maman (car j'ai aussi fait sa connaissance) sont des personnes entières et authentiques avec qui je partage cette même revendication, celle de pouvoir être soi. 


Chocolate Alchemist & Sazon
941 Spring Garden Street
Philadelphia, PA 19123
Tel. (215) 763-2500
Site : www.SazonPhilly.com

lundi 26 avril 2010

Rittenhouse Square



En cette fin de semaine, je vous propose de me suivre dans le quartier de Rittenhouse Square à Philadelphie, où je me suis aventurée par un vendredi glacial de décembre. Rittenhouse Square, c'est ce parc en plein coeur de la ville, mon point de rendez-vous favori (j'y avais, entre autres, rencontré un groupe de lecteurs) et le lieu où je me retrouve, année après année, à l'occasion de chacune de mes excursions citadines. Le quartier autour du parc regorge d'adresses gourmandes et en voici trois que j'aimerais partager avec vous aujourd'hui.



La première n'est autre que Parc, le nouvel établissement du célèbre restaurateur Stephen Starr, qui a su re-créer l'atmosphère d'une brasserie parisienne. Le décor est délicieusement rétro, le service efficace et la nourriture excellente. Aucun détail n'est laissé au hasard et le pain que l'on y sert devrait redonner le sourire à tout expat' en mal de baguette. Ma copine Fanfan, que j'ai rencontrée ce jour-là, m'avait déjà chanté les louanges du bar et de son fenouil confit et les moules-frites qu'elle a dégustées en ma compagnie ont également su gagner ses faveurs.



De mon côté, je garde un souvenir ému des ravioli dégustés lors de ma première visite et le gâteau au chocolat que Jonathan et moi avions partagé en guise de dessert était parfait, tout simplement. Lors de ma seconde visite avec Fanfan, j'ai commandé un sandwich à l'agneau parfumé à la harissa et accompagné d'une généreuse portion de frites. Au restaurant, mon choix se porte habituellement sur du poisson, mais j'ai été tellement surprise de trouver de l'agneau à la carte d'un restaurant américain, surtout à l'heure du déjeûner, que j'ai décidé de me laisser tenter. J'ai trouvé mon sandwich réussi, le pain était moëlleux et l'agneau bien relévé. Les frites étaient fabuleuses, croustillantes à l'éxtérieur et fondantes à l'intérieur, il parait d'aileurs que c'est une spécialité des restaurants de Stephen Starr.



Chez Parc, la cuisine est simple et savoureuse. Allez-y pour l'ambiance et la baguette, vous ne serez pas déçus ! A noter : le restaurant semble particulièrement rempli à l'heure du déjeûner et je vous conseille plutôt de vous y aventurer en début de soiréee, de préférence en semaine, pour une atmosphère plus paisible.

Parc
227 S 18th St
Philadelphia PA19103
Site Web : http://www.parc-restaurant.com/



Après avoir quitté Fanfan, j'ai poussé la porte de chez Brown Betty ou plus précisément de son point de vente du quartier de Rittenhouse Square. Brown Betty est une pâtisserie qui régale ses clients de délices 100% américains depuis son ouverture il y a quelques années. Chez Brown Betty, pas de croissants ou de macarons, mais des cupcakes qui ont remporté le titre de Best of Philly Cupcake en 2006.



La boutique de Rittenhouse Square est aussi élégante que minuscule. Les parfums des cupcakes sont assez traditionnels mais cela est généralement bon signe. A mon grand regret, on ne vend que des cupcakes de taille classique (un peu plus gros qu'un muffin), ce qui a limité la quantité de gâteaux ramenés à la maison (un).



J'ai choisi de donner sa chance au cupcake au chocolat que j'ai partagé plus tard avec Jonathan. Verdict ? Si le gâteau était assez classique, le glaçage, lui, était riche et fort en chocolat. J'onathan, lui, a décrété qu'il s'agissait du meilleur cupcake auquel il aie jamais goûté. Moi, je suis partagée. Le glaçage était certes excellent, mais j'ai trouvé, comme bien souvent, qu'il y en avait trop. La solution serait selon moi de faire des cupcakes plus petits ce qui permettrait par là-même de limiter les dégâts d'un point de vue calorique. Brown Betty, si tu m'entends...

Brown Betty
1030 N. Second St
Philadelphia, PA 19195

Brown Betty Petite
269 South 20th St
Philadelphia, PA 19176

Site Web : http://www.brownbettydesserts.com/



Puisqu'il n'y a pas de saison pour manger des glaces, j'ai décidé de clôre ma visite en ville chez Yogorino. Yogorino est une petite boutique toute blanche au concept assez curieux : chez Yogorino, on sert un seul et unique parfum de frozen yogurt (nature) que l'on vous propose de garnir d'une myriade de sauces et autres toppings. Pas très convaincue, j'ai quand même commandé une coupe miniature de frozen yogurt que j'ai fait napper d'une sauce à la pistache tiède. J'ai plongé ma cuillère dans ce mélange et là...



Le plaisir à l'état pur !! Ce truc est une vraie folie, jamais je n'aurai pensé m'emballer pour un frozen yogurt et certainement pas nature ! La glace était douce et onctueuse et cette sauce à la pistache... redoutable. Tiède, sucrée, au vrai goût de pistache, elle offrait un superbe contraste avec la glace. Si je devais retourner à Rittenhouse Square demain, je me précipterais chez Yogorino, j'irais me commander la version XXL de cette coupe et je supplierais la vendeuse de me vider son bac de sauce à la pistache dessus. On ne vit qu'un fois, non ?

Yogorino
233 S 20th St
Philadelphia, PA 19103
site Web : http://www.yogorino.com

A noter : Yogorino est une chaîne implantée dans plusieurs pays. Pour savoir où se trouve la sauce à la pistache tiède la plus proche de chez vous, faites un tour sur le site de Yogorino.

mardi 24 novembre 2009

Le goûter troc de Stéphanie



Il y a deux ans presque jour pour jour, Stéphanie organisait un goûter troc 100% girly. Je ne sais pas si c'est les pâtisseries (savoureuses), la compagnie (charmante) ou simplement la nostalgie, mais je garde un délicieux souvenir de cet après-midi de novembre ensoleillé.

A l'époque, Stéphanie hâbitait un coquet appartement situé en plein centre-ville et elle avait mis les petits plats dans les grands pour toutes nous accueillir, allant jusqu'à refaire la déco des choses pourtant les plus anodines.



Je me dis parfois que Stéphanie a du être l'arrière-arrière-grand-mère de Martha Stewart dans une vie antérieure. Ce jour-là, elle avait préparé, entre autres, la tartinade aux tomates séchées et au tofu de Scally, un caké salé, une compote de pommes aux épices, ainsi que des sandwiches débordant d'affection, comme vous pouvez vous-même en juger.



Je me souviens également d'un bar à thés situé dans la cuisine, lieu où j'ai pu découvrir la fameuse collection de boîte de thés de notre hôtesse. Il y avait aussi un sublime fondant au chocolat qu'avait apporté une jeune fille dont j'ai hélàs oublié le nom, des muffins et puis de quoi tartiner quelques tranches de baguettes, à la bonne franquette.

De mon côté, j'avais préparé des madeleines bossues bien comme il faut, ainsi qu'un léger biscuit aux noix d'après une recette d'un numéro d'automne du magazine Elle à Table. Deux recettes parfaites pour un goûter de fin d'automne.



La compagnie était toute aussi délicieuse que ces belles pâtisseries. Il y avait Delphine, qui nous a régalé de ses histoires, comme celle où elle a refusé, dans un supermarché, de vendre ses chaussures à une Américaine pourtant prête à y mettre le prix, Camille, Stéphanie, bien sûr, et Marina.



Je rencontrais pour la première fois aussi Pauline, dont je lis depuis le blog, ainsi que plusieurs autres Françaises, dont je vois encore les visages mais dont les prénoms m'échappent.



Je ne sais plus de quoi nous avions parlé mais j'avais, il me semble, partagé quelques clichés de mon bébé avec Pauline et, je pense, avec Marina. Je n'avais, à l'époque, pas encore l'habitude de sortir sans ma fille et je crois qu'elle me manquait un peu. Je me souviens en revanche très bien de cet appartement lumineux, de la vue sur les Liberty Towers et de l'atmosphère insouciante et pétillante, comme un verre de Champagne.



Nous avions aussi, car c'était là l'objectif, échangé vêtements, bijoux et maquillage entre nous. Il y avait là des vêtements, comme un t-shirt de la collection de Sarah Jessica Parker pour la chaîne de magasins Steve & Barry's, un chemisier qui a fait le bonheur de Marina ou encore une jupe que Delphine a un jour eu le bon goût d'acheter et qui a rejoint le reste de ma garde-robe.



Cette jupe est aujourd'hui l'un de mes vêtements préférés. Je me rappelle aussi du superbe dessin que Camille était venue échanger et qui en avait dit long sur les talents d'artiste de son époux. Il y avait aussi cette jeune femme tout juste installée et qui, non contente de n'avoir rien de spécial à échanger, avait décidé d'offrir des chocolats à chacune d'entre nous. Les échanges ont eu lieu dans la joie et la bonne humeur, alors que le soleil commençait à se coucher.



Lorsque je songe à cette journée, je pense à Marina, qui vit dans un autre pays, à Camille, qui est retournée vivre en France, à Pauline, qui est devenue maman, et à Stéphanie, qui a depuis changé d'appartement. Je repense à ma tasse de thé brûlant, à ces madeleines parfumées et à toutes ces filles que j'aurais aimé mieux connaitre. Lorsque je repense à ce goûter, je retrouve ce sentiment délicieux que d'être en suspens, dans une bulle, un peu hors du temps.

dimanche 3 mai 2009

Après l'effort, le réconfort (IV)



Vous pouvez lire l'épisode précédent ici.


J'ai répondu tranquillement aux questions du procureur, constatant avec plaisir l'intérêt porté par le jury aux descriptions techniques que je faisais du logiciel développé par mon ancien employeur. L'avocat de la défense n'a qu'une fois interrompu le procureur, "leading the witness" a t'elle calmement lancé, alors que je rêvais qu'elle lâche "objection" avec colère. Le moment que je redoutais le plus est ensuite arrivé, celui des questions de la défense. Je m'attendais, comme m'avait laissé l'envisager une certaine série télévisée, à me faire crier dessus par l'avocat de la défense. Lorsque j'imaginais le déroulement du procès à la maison, je me voyais en larmes, suppliant l'avocat de la défense de cesser de remuer des souvenirs douloureux et de me laisser quitter la cour au plus vite. Dans la réalité, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.

Lorsque l'avocat est venu m'interroger, elle avait un gigantesque sourire sur le visage. Elle m'a saluée poliment en me demandant si ça allait (!) avant de me demander d'examiner quelques documents et de me poser quelques questions à leur sujet. Sur la poignée de questions qu'elle avait pour moi, trois manquaient de clarté. Lorsque je lui ai demandé de clarifier l'une de ses questions, l'avocat a subitement décidé qu'il valait mieux l'ignorer. Lorsque je lui ai demandé la définition d'un mot, elle a avoué en riant qu'elle ne le connaissait pas non plus et elle est passé à autre chose. C'est peu dire que j'étais perplexe. Le procureur m'avait certes prévenu que la défense aimait utiliser le sourire et l'humour pour gagner la sympathie des témoins, mais je me demande vraiment pourquoi l'un des meilleurs avocats de Philadelphie a employé devant la cour des mots dont elle ignorait visiblement la signification.

A 11h30, le procureur et l'avocat de la défense ont décidé qu'ils n'avaient plus de questions pour moi. J'ai donc quitté la cour avec soulagement, mon sac sur l'épaule et un grand sourire aux lèvres. En sortant du palais de justice, j'ai été éblouie par un grand soleil. Je me suis sentie libre, légère et ô combien heureuse d'en avoir fini avec un procès qui m'avait empêché de fermer l'oeil pendant près de deux semaines. L'IRS, le FBI, le palais de justice, tout cela retournait là où je les avais connus, c'est-à-dire à la télé.

Et pour célébrer la conclusion de cette aventure, devinez où je suis allée ?



Chez grocery, à l'angle de Chestnut Street et de la 13ème. Alors, avais-je bien lu le mot cupcakes le vendredi précédent, ou est-ce que mon imagination m'avait joué des tours ? La réponse en image.



Je n'avais donc pas rêvé. Quatre sortes de cupcakes, tous appétissants dans leur simplicité, et tous aussi tentants les uns que les autres. Puisque j'étais de bonne humeur, j'en ai choisi cinq : un à la noix de coco (pour moi), un à la vanille (pour ma belle-mère), un au chocolat (pour Jonathan) et deux au chocolat, au caramel et au piment (l'un pour Jonathan, l'autre pour moi). Je me suis aussi laissée tenter par un cup-a-cake, un génial contenant à cupcake qui permet de transporter son petit gâteau en évitant d'en détruire son précieux et délicat glaçage.



grocery n'est pas une boutique spécialisée dans les cupcakes. On y trouve aussi des biscuits, des muffins, des produits d'épicerie fine, comme des noix ou du chocolat Vosges, un bar à salade ainsi que les produits d'entretien écolos de la marque Mrs Meyers. La prochaine fois que je retourne chez grocery, j'ai bien envie de croquer dans l'un de leurs cookies à la taille XXL.



Je ne sais plus quand nous avons dégusté nos cupcakes, si c'était le soir, après le coup du fil du procureur qui me remerciait pour mon témoignage et ma disponibilité, ou le lendemain, alors que je finissais de raconter le récit de mes aventures à la cour à mes collègues de travail. Ce dont je me souviens, par contre, c'est d'un petit gâteau à vanille moëlleux et pas trop sucré et d'un fin glaçage à la noix de coco. D'un gâteau au bon goût de cacao, de cacahouètes caramélisées qui craquaient sous la dent et d'un glaçage qui piquait les papilles. Ces cupcakes-là étaient simples et bons, et même carrément excellents. J'ai vraiment adoré.



Le vendredi suivant, je recevais un coup de fil du procureur : le procès venait de s'achever et il voulait m'informer que mon ancien employeur avait été condamné. La durée de son emprisonnement restait à déterminer (entre cinq et dix ans, si mes souvenirs sont bons) mais voilà, nous pouvions tous passer à autre chose. Une fois encore, le procureur m'a remercié pour ma collaboration (j'ai apprécié la reconnaissance mais avais-je vraiment eu la possibilité de ne pas collaborer ?) et mes explications techniques. Il ajouté qu'il avait plusieurs fois mentionné mon nom pendant sa plaidoierie : je n'ai aucun moyen de me vérifier mais cela m'a quand même bien fait plaisir.

De mon côté, je lui ai avoué avoir apprécié de découvrir l'envers du décor (même si je n'ai pas ôsé lui dire que ce n'était pas tout-à-fait comme à la télé). Je reste encore incrédule devant les ressources déployées pour juger mon ancien employeur : quatre agents du FBI, un agent de l'IRS, une intérprète... et j'ignore combien de témoins qui auraient préféré rester au lit un dimanche matin plutôt que de répéter leurs réponses aux questions d'un procureur ! J'avoue aussi avoir été épatée par les talents de coach du procureur qui, malgré le peu de temps de préparation et mon manque de confiance, a réussi à tirer de moi un témoignage clair, sans hésitation, ni bafouillage. Cette expérience m'a aussi permis de définitivement tourner la page sur une expérience douloureuse que je n'avais jamais vraiment réussi à oublier. Enfin, c'est aussi grâce à ce procès que j'ai découvert de délicieux cupcakes, dans une petite boutique sur Chestnut et 13ème...



grocery
101 South 13th Street
Philadelphia, PA
Site Web

Ouvert de 8h à 20h30 du lundi au vendredi et de 11h à 20h30 le samedi. Fermé le dimanche.

dimanche 11 janvier 2009

Un café à mon nom !



Estelle n'est pas un prénom très répandu par ici. C'est dommage car j'aimerais bien ne plus avoir à l'épéler, "y-esse-ti-y-deubeule-elle-y", ni à me faire appeler par mon nom de famille qui, ironiquement, est un prénom féminin assez commun, ou encore à sourire lorsque l'on me dit "Estelle ? My grandma was Estelle !*". C'est donc avec une joie mêlée de surprise que j'ai, un jour de septembre 2008, découvert une élogieuse critique de Café Estelle dans le Philadelphia Inquirer. "One of the City's Best New Bruncheries**" disait l'article. Pour moi, cela signifiait deux choses : 1) le prénom Estelle revenait en vogue et 2) le brunch étant de loin mon repas préféré, je devais découvrir cet établissement au plus vite. Et lorsque j'ai revu mon copain Sébastien à Philadelphie le mois dernier, devinez où je l'ai rencontré ?

*Estelle ? Ma grand-mère s'appelait Estelle !
** L'un des meilleurs endroits où bruncher de la ville.




Au Starbucks Coffee, bien sûr ! Mais non, je rigole, c'est bien la porte de Café Estelle que nous avons poussée, un après-midi glacial du mois de décembre. A peine installés, nous avons commandé deux tasses de café que notre serveuse aux boucles d'oreille en plume de paon s'est empressée de nous servir. Vides. Vides, car au Café Estelle, on se sert son café soi-même à la station prévue à cet effet. On a donc le choix entre trois ou quatre variétés de café certifiées commerce équitable et il est possible de goûter à chacune d'elles avant de s'en servir une grande tasse. Quelle bonne idée, vous ne trouvez pas ?

De retour à notre table, alors que nous buvons notre café, Sébastien et moi étudions la carte.



Chez Café Estelle, on aime le bio, on aime le bon. A l'exception des bagels, les pains et pâtisseries sont préparés sur place. La mozzarella est maison, les produits laitiers sont garantis sans hormones et les oeufs certifiés bios. Je suis agréablement surprise par la philosophie des propriétaires : pourvu que les plats m'enchantent aussi !

Traditionnel, Sébastien commande un simple bagel qu'il accompagne d'une généreuse part d'apple pie. Un vrai gourmand !



De mon côté, les shirred eggs (oeufs cocotte) sur leur lit de champignons et d'épinards m'ont mise en appétit et je m'empresse de planter ma cuillère dans un jaune encore un peu coulant.



C'est le nirvana. Dans un pays où les omelettes baveuses et autres oeufs à la coque sont classés X, ces oeufs cocotte débordent de sensualité. Les jaunes sont goûteux et les champignons fondants. Il ne manque plus que les trempettes. Oh, mais que vois-je sur le coin de l'assiette ? Des tranches de baguette !! On pense à tout chez Café Estelle.



Il y a même des homes fries (dés de pommes de terre sautés) pour acompagner mes oeufs. Elles sont fondantes et croustillantes, quoiqu'un peu trop salées. Cela ne m'empêche pas de finir mon assiette.

Mon compagnon de table et moi restons à table alors que nos assiettes sont vides. C'est qu'on est bien, chez Estelle. Nous rattrapons le temps perdu (je n'ai pas vu Sébastien depuis cinq ans) et commentons le lieu. Il semble ravi par son expérience et je suis curieuse de connaitre la signification derrière la série de portraits sur les murs.



Nous finissons par quitter Café Estelle pour nous mettre à la recherche d'une paire de chaussures Caterpillar que nous trouverons jamais. Tant pis. Nous nous disons au revoir au coeur du quartier Northern Liberties. Je lui souhaite un bon séjour au Canada et lui donne rendez-vous dans cinq ans. Au Café Sébastien ?



Café Estelle
444 North 4th Street
Philadelphia, PA 19123
Tel : (215) 925-5080

Café Estelle est situé dans le quartier de Northern Liberties. Ce quartier historique longtemps abandonné fait aujourd'hui l'objet de nombreux projets de revitalisation. Il se trouve au Nord de la vieille ville.

L'Estelle du Café Estelle est Estelle Green, la grand-mère (qu'est-ce que je vous disais ?) de la propriétaire.

mardi 27 mai 2008

Pique-nique à Philadelphie



J'ai marqué la date sur mon calendrier car il n'est pas question de la rater : le dimanche 22 juin, à partir de 13h, je vais retrouver Stéphanie (et tous ses amis) autour d'un pique-nique dans l'Azalea Garden à Philadelphie. N'hésitez surtout pas à nous rejoindre, au moins pour goûter à mon gâteau au yaourt praliné !

Vous ne connaissez pas encore la charmante Stéphanie ? C'est le moment ou jamais de la rencontrer ! Tous les détails pour la trouver se trouvent ici.

J'ai hâte !!!

dimanche 19 novembre 2006

Naked Chocolate Cafe



Avant de vous en dire plus sur ce petit joyau situé en plein coeur de Philadelphie, je tiens à prévenir les esprits mal tournés qu'il ne sera pas question de cochonneries ici. Voilà, maintenant que c'est dit, je peux vous parler de mon dernier coup de foudre gourmand, j'ai nommé le Naked Chocolate Cafe.



L'endroit a ouvert il y a quelques mois seulement et j'en ai découvert l'existence grâce à une lettre de diffusion électronique à laquelle je suis abonnée. Curieuse, je suis aussitôt allée sur le site Web de ce café pour découvrir que celui-ci était spécialisé dans deux domaines : le chocolat chaud et les cupcakes. Quelques clics ici et là m'ont alors permis de découvrir un lieu sobre et des pâtisseries élégantes, au look un peu rétro ma foi fort séduisant. Les mois ont passé et puis, par un après-midi pluvieux de novembre, j'ai enfin eu l'opportunité de goûter à leurs merveilles en compagnie de trois autres gourmands.



L'endroit est assez petit et plutôt accueillant en dépit du decor un peu épuré. En fonction de son humeur, il est possible de s'affaler sur de gigantesques fauteuils bien moëlleux ou de s'installer à une petite table. Pour commander, direction le comptoir derrière lequel se cachent cupcakes, pyramides et chocolats en tout genre. Après quelques moments d'hésitation, je me suis décidée pour un cupcake façon forêt noire et une petite tasse de chocolat chaud classique (les épices, tout ça, on essaiera une prochaine fois). De retour à table, le silence s'est installé.



Vous comprenez pourquoi ?

Place alors aux dégustations, en commençant par le chocolat chaud. Déjà, vous aurez remarqué les tasses : rien à voir avec les gobelets en carton de Starbucks. Au goût aussi, on est loin, très loin du Chantico de Starbucks. En fait, c'est simple, il s'agit du meilleur chocolat chaud auquel j'ai goûté depuis que je vis aux Etats-Unis. Oui, je suis sérieuse. Riche, épais, ni trop amer, ni trop sucré, voilà de quoi séduire la gourmande que je suis. En ce qui concerne mon cupcake, je l'ai trouvé bon, pas exceptionnel, certes, mais bon. Les pyramides sur la photo sont des nudos, c'est ce que Stéphanie et Johanna avaient commandé. Je n'en savais rien mais les nudos sont la specialité du Naked Chocolate Cafe. Johanna m'a proposé de goûter au sien et j'ai fini par accepter après avoir poliment refusé. Maintenant que j'y reflechis, je ne sais pas si j'aurais du planter ma fourchette dans son gâteau... Ca fait bien une semaine que je ne cesse de penser à ce nudo bien moelleux, à son délicat glaçage au chocolat ainsi qu'à son petit goût de cacahouètes. Qui veut y retourner avec moi ?

Naked Chocolate Cafe
1317 Walnut St., Philadelphia, PA 19107
Tel : (215) 735-7310
Site Web

jeudi 22 septembre 2005

Sushis chez Shiroi Hana



Ca pourrait etre un dicton : Diana en aout, Marine en septembre. Plus d'un an apres avoir quitte les Etats-Unis, mon amie Marine est revenue dire bonjour a Philadelphie. En 2003, nous avions partage le meme bureau au travail. Je ne devrais pas le dire ici - mon ancien chef me lit - mais qu'est-ce qu'on a pu rigoler toutes les deux ! Quand j'ai change de travail l'annee suivante, je dois bien avouer qu'elle m'a manquee.

Il y a dix jours, je suis allee la retrouver a Philadelphie pour diner. J'avais tres envie de sushis mais voila, je ne connais pas du tout les restaurants japonais de cette ville. Heureusement, Google m'a aidee a trouver "the best sushi in Philadelphia" et en moins d'une minute j'ai decide que nous mangerions chez Shiroi Hana.



Shiroi Hana est situee dans une petite rue de Philadelphie. L'etablissement est assez petit mais tres calme et seduisant. Rien ne m'aurait plus embetee que de me retrouver dans un restaurant a la mode plein de brouhaha !

Le menu etait tres varie mais nous avions toutes les deux envie de sushis. Nous nous sommes decidees pour deux assortiments "sushis deluxe" qui sont arrivees sans tarder.



De haut en bas et de gauche a droite : California Rolls, thon, poisson inconnu, saumon, aucune idee, crevette, je ne sais pas et, mon prefere, l'anguille grillee a la sauce caramelisee. Hummmm... Je commande souvent ce genre d'assortiments car j'ai souvent la flemme de choisir dans le menu. Or, sachant que je ne raffole pas particulierement de California Rolls, j'ai souvent l'impression de me faire avoir. La prochaine fois, promis, je ne choissirai que mes chouchous !



Entre une bouchee de poisson cru et une gorgee de the vert, nous avons discute de nos vies : boulots, amours, amities, blog (of course), tout y est passe. En un an, nous avons pu constater que rien n'avait change : memes histoires, memes problemes, memes envies... Et moi, toujours aussi bavarde !



Les sushis etaient reussis et Marine a fort apprecie son assortiment. Merci Google ! Nos assiettes ne m'avaient pas paru si remplies et j'ai pourtant eu du mal a finir la mienne. J'ai pris soin de laisser le meilleur - l'anguille grillee - pour la fin et je me suis regalee.

Une fois nos assiettes finies, la serveuse nous a apporte quelques tranches d'orange joliment presentees dans leur ecorce. C'est le genre de petite attention que j'adore recevoir quand je vais au restaurant. A la maison, j'epluche mes fruits et je les avale sans chichi !



Apres notre repas, il nous restait un peu de place pour un dessert. Nous avons fini chez Cosi, une chaine de cafes que j'aime beaucoup (leur pain est delicieux). Nous y avons partage un brownie ma foi fort delectable et nous sommes parties quand j'ai vu commence a deviner la fatigue sur le visage de mon amie a peine descendue de l'avion...

Nous nous sommes revues lundi dernier, l'occasion pour nous de faire les courses entre filles.



A bientot Marine !

Shiroi Hana Restaurant
222 South 15th St
Philadelphia, PA 19102-3806
Tel: (215) 735-4444