dimanche 17 juillet 2016

Trouver le réconfort

Vendredi dernier, l'une de mes meilleures amies américaines m'a annoncé le décès de son père. L'enterrement a eu lieu hier et j'ai passé la journée en sa compagnie pour la soutenir. C'était une journée difficile, comme vous pouvez l'imaginer, et j'avais hâte de retrouver ma famille le soir même. Lorsque je suis me suis affalée sur le canapé, cela a ensuite été pour découvrir la nouvelle des attentats de Nice.

Aujourd'hui, j'étais invitée au farmers market de ma ville en l'honneur du 14 juillet. Pour être honnête, je n'avais pas le cœur d'y aller mais, ici, le 15 juillet est un vendredi comme un autre et la vie continue.


Ce matin, j'ai préparé des chouquettes et un gâteau au yaourt myrtilles et coco pour offrir aux visiteurs du marché. Casser un œuf, mesurer la farine, saupoudrer des petits choux de sucre... Chaque étape de chacune des recettes a lentement transformé mon humeur. La pâtisserie comme source de réconfort.

jeudi 30 juin 2016

Chérir son audience

Marcos, Robin et Isaac de la plantation de cacao Ucayali au Pérou
157 : c'est le nombre de vues de ma 31ème revue de tablette de chocolat sur YouTube. Celle-ci mettait en avant une tablette un peu particulière puisqu'elle était réalisée à partir des fèves de la seule plantation de cacao située dans la région d'Ucayali au Pérou, une région plus connue pour la culture d'une certaine substance illicite que pour celle de son cacao. Un petit chocolatier de la région de Los Angeles, LetterPress Chocolate, avait acheté les fèves issues de la première récolte de la plantation à l'automne dernier et j'ai eu la chance de figurer parmi les toutes premières dégustatrices des tablettes. Vous pouvez en voir ma revue en anglais dans la vidéo ci-dessous.


Samedi dernier, j'assistais pour la première fois à une réunion de la Fine Chocolate Industry Association à New York. Cinq minutes après avoir récupéré mon badge, Robin, l'homme barbu au à droite sur photo en haut est venu me tendre la main en me disant qu'il me connaissait. Je l'ai regardé d'un air incrédule avant qu'il ne m'explique qu'il est l'un des trois membres de la plantation d'Ucayali. Il m'a remerciée pour la vidéo et, les mains tremblantes, a commencé à me montrer les photos de leur plantation péruvienne avant de me proposer de visiter leur plantation au Pérou ! Nous étions tous émus, il est en effet très rare que les producteurs de fèves goûtent aux tablettes réalisées à partir des fruits de leur récolte et rencontrent les consommateurs comme vous et moi. Pour une chocophile comme moi, le moment était tout simplement magique. 

Marcos et Isaac de la plantation Ucayali
Il m'arrive sûrement comme à vous de me lamenter de n'avoir "que" 3 inscrits à ma séance dédicace, 80 abonnés sur Instagram ou 10 personnes sur ma newsletter. Samedi, cette rencontre m'a rappelée qu'il est important d'être reconnaissant pour chaque abonné, " likeur" et lecteur. On ne mesure pas toujours l'impact de ses mots, photos ou de son travail et il suffit d'une rencontre comme celle que j'ai faite samedi pour se souvenir que la vraie mesure du succès, c'est vraiment l'impact de notre travail sur la vie des autres et qu'il suffit de toucher une personne pour que nos efforts trouvent leur sens.

vendredi 10 juin 2016

14

Le lundi 10 juin 2002, je traversais l'Atlantique pour la toute première fois pour rejoindre mon premier emploi de jeune diplômée. Je portais des Camper's rouges, un imper Etam écru et des lunettes qui me tombaient sur mon nez. En soute, deux valises remplies de vêtements et bien sûr aussi d'albums photo. En cabine, un sac à dos Eastpak noir, souvenir de mes années d'étudiante, dans lequel j'avais glissé une trousse de toilettes blanche couverte d'ours bleus, un lecteur CD, des compils Inrocks et deux cadeaux de mon ami Serge : le premier CD de Vincent Delerm et Une parfaite journée parfaite, l'un des premiers livres de l'écrivain Martin Page.

N'importe quel expat vous le dira, les premiers jours dans un nouveau pays sont particulièrement éprouvants. Tous les soirs, en rentrant du travail, j'essayais de trouver du réconfort en écoutant Vincent Delerm avant de me retrouver dans le personnage du livre de Martin Page qui se suicidait à la fin de chaque journée. Pendant des jours, je me suis accrochée à ces morceaux de culture comme un naufragé à une bouée et puis, petit à petit, j'ai commencé à apprivoiser ma nouvelle vie. J'ai fait la connaissance de Jonathan, qui m'a fait remarquer que Vincent Delerm chantait faux, j'ai découvert la chick lit' américaine (littérature pour femme), que j'adore, et j'ai commencé à aimer ma nouvelle vie américaine.

Quand j'ai compris que je ne retournerais pas vivre en France, j'ai eu peur de perdre un peu de cette Estelle. 14 ans plus tard, je suis rassurée : j'ai gardé mon goût pour les chaussures rouges, les livres de Martin Page et les compils des Inrocks. Pourvu que ça dure.


mardi 31 mai 2016

L'enthousiasme de la création


Il y a un an, peu de temps après avoir remis en question l'existence même du blog, je décidais d'y reprendre un rythme de publication régulier. C'était un peu étrange de revenir ici après plusieurs mois d'absence, un peu comme quand on retrouve sa meilleure amie après de longues années sans nouvelles. Les souvenirs de bons moments ne suffisent pas à maintenir une amitié en vie, il faut lui définir un nouveau cadre, en accord avec ce que chacune est devenue.

Je dis souvent que la création aime se nourrir d'enthousiasme. Naturellement, et cela ne devrait pas me surprendre, ce qui m'enthousiasmait il y a 12 ans ne m'enthousiasme plus de la même façon aujourd'hui. Si mon amour de la cuisine et des bons plats est resté intact, mon angle d'approche, lui, s'est peu à peu précisé. J'ai appris à délaisser les restaurants pour les coffee shops, les scones et les muffins pour le chocolat. Plus précisément, je me suis passionnée pour les femmes et les hommes qui se cachent derrière mes produits préférés. Lorsque mon chemin a croisé le leur, j'ai voulu donner la parole à Guenièvre, Alain et Mackenzie. Leur point commun ? L'amour des bonnes choses, l'enthousiasme pour leurs produits et le courage de donner vie à leurs rêves.

En racontant leur histoire, ce n'est pas seulement leur travail que j'ai souhaité faire connaitre, c'est aussi leur passion, leur courage et leur détermination que j'ai souhaité transmettre. Beaucoup pensent, à tort, que la création est le simple fruit de la rencontre entre le talent et l'inspiration, alors qu'il ne s'agit que d'un point de départ. Ce que je souhaite vraiment partager, c'est tout le travail qui se cache derrière la création : la naissance d'une idée, les brouillons, les ratures, les moments de doute et de découragement, comme les grands moments de joie et de satisfaction. Bref, c'est sur tout le processus créatif, suivi du travail essentiel de promotion, que je souhaite lever le voile.

Il m'a fallu du temps - 18 mois - à m'autoriser à changer de cap. Grâce à mon livre, j'ai renoué un lien avec ma communauté d'expatriés français aux Etats-Unis et je me suis longtemps sentie obligée d'entretenir le lien avec cette audience par l'intermédiaire de ce blog. Une sorte de loyauté vis-à-vis de cet espace, en somme, car c'est ici que tout a commencé. Dans les faits, j'ai simplement investi dans d'autres plateformes qui me permettent d'échanger de manière plus rapide et spontanée que le blog.

Aujourd'hui, c'est sur la page Facebook et, surtout, sur la newsletter du blog que je partage photos, recettes et articles relatifs au domaine de l'alimentation aux Etats-Unis. J'ai également créé deux groupes pour favoriser le dialogue avec mes lecteurs : Professionnels de l'alimentation aux Etats-Unis et Bons plans gourmands aux Etats-Unis. Je vous invite naturellement à m'y rejoindre.

Mon blog va donc continuer son évolution, il changera peut-être de nom, de plateforme. En attendant, je continuerai d'offrir mes conseils pour lancer son blog (il y aura des guest posts tout au long de l'été et le reste de l'année, à commencer par deux blog posts pour vous aider à choisir la bonne plateforme pour votre blog) et continuer à explorer le thème de la création. Je suis en train de boucler un article sur le processus créatif derrière la couverture du guide de survie, j'espère que cela vous plaira. Le chemin vers la création n'est pas linéaire, il est fait de détours, de doutes, d'impasse et de demi-tours. Bizarrement, c'est lorsqu'on décide de jeter sa carte à la rue qu'on trouve sa destination.

mercredi 11 mai 2016

En 2016, je (re)lance un blog - 5ème partie : construire une audience

Avec mon amie Jie @intheeye, ma première rencontre Instagram
Avril 2015
Ce billet est le cinquième d'une série d'articles destinée à vous guider dans le lancement de votre blog. Je vous apprendrai notamment à définir une stratégie digitale pour faire connaitre votre blog dès son lancement. En attendant, je vous invite à rejoindre le groupe d'entraide sur Facebook et parcourir les premiers articles de la série.

Depuis janvier, si je vous invite à vous interroger sur votre mission, vos motivations et vos objectifs c'est parce que je veux vous encourager à voir grand et ne pas vous enfermer dans un cadre, celui de blogueuse ou blogueur.

La question n'est pas d'avoir un blog ou pas, la vraie question est vraiment de savoir : qu'est-ce que je veux apporter au monde ? Quel est mon message ? Comment puis-le partager avec le plus grand nombre ?

Lorsque le message est défini, c'est à vous de réfléchir à toutes les manieres de partager le-dit message, en voyant au-delà du blog et d'aller là où se trouve votre audience. Et pour réussir à faire entendre son message, il faut une audience engagée, et pour avoir une audience engagée, il faut reussir à se rendre attachant(e) !

Le blog est un moyen seulement de partager son message mais réfléchissez à la manière dont les personnes découvrent votre blog s'ils ne font pas appel aux réseaux sociaux : les moteurs de recherche. Réfléchissez un instant à la manière dont vous utilisez les-dits moteurs : dans mon cas, j'ai une question, je cherche une reponse, je picore du contenu et je ne reviens pas sur le blog/site qui m'a livré l'info à moins que je ne m'inscrive sur newsletter du blog. Il n'y a rien de mal à cette manière de consommer du contenu mais, en ce qui me concerne, je veux construire quelque chose sur le long terme : le nombre de lecteurs qui reviennent sur mes pages est plus important pour moi que le nombre de visites absolue, ma priorité étant de tisser des liens avec mon audience. Et pour atteindre cet objectif, j'ai investi dans les réseaux sociaux : sans grande surprise, je suis donc très active sur Facebook et Instagram.

Si je suis fan de ces plateformes, notamment d'Instagram, c'est parce qu'elles me permettent d'atteindre mes objectifs de faire connaitre 1) mon livre et 2) ma passion pour le chocolat, de manière bien plus efficace qu'un blog. La puissance des médias sociaux en général et d'Instagram en particulier, c'est la rapidité avec laquelle il est possible de partager son message et, surtout, SURTOUT, de créer des liens avec la communauté d'utilisateurs d'une manière bien plus efficace qu'un blog seul, en particulier quand on vient tout juste de le lancer. Tisser ces relations avec son audience est très important !

"J'ai déjà un blog, dois-je investir sur Instagram ?"

Coach culinaire à Madrid, c'est la question que Thècle a récemment posée sur mon groupe Facebook réservé aux aspirants blogueurs. Je l'ai alors invitée à s'interroger sur l'objectif de son blog : s'agit-il d'abord d'un outil de promotion ? D'un endroit où consigner ses recettes ? Est-elle satisfaite de son trafic ? Si l'objectif du blog est de promouvoir son activité professionnelle, mon conseil serait de réflechir à tous les moyens disponibles pour atteindre cet objectif car, je ne cesse de le répéter, mais bloguer est une activité chronophage !

Si sa clientèle visée est francophone et locale, pourquoi ne pas rejoindre un groupe d'expatriés francophones ? Sur le web, je recommande d'abord d'investir sur une à deux plateformes de médias sociaux, ma préférence allant pour Facebook et Instagram. Sur Facebook, les groupes constituent d'excellents endroits où promouvoir son travail. Instagram est quant à elle une platforme visuelle sur laquelle il est faceile et rapide de poster. Les utilisateurs y sont très engagés et, en postant régulièrement et en faisant une bonne utilisation de de hashtags adaptée à l'audience visee, on peut construire son audience plus rapidement qu'avec un blog, surtout lorsqu'on lance tout juste son activité. Il y a un côté statique sur le blog qui, pour moi, n'invite pas forcément à la conversation. En réussissant à se faire connaitre sur Instagram, ce sera plus facile de rediriger ton audience sur ton blog avec le temps.

A lire également, 30 Ways to Build the “Know, Like, and Trust” Factor that Grows an Audience car c'est bien là le nerf de la guerre ! Et vous, avez-vous investi dans une plateforme comme Instagram ?