lundi 20 mars 2017

Nourriture française / nourriture américaine : entretien vidéo avec l'Américaine Christina Rebuffet

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Si, comme moi, vous fréquentez régulièrement les groupes d'expats aux Etats-Unis, vous connaissez sûrement Christina Rebuffet. Sinon, laissez-moi vous la présenter : Christina est une Américaine en France connue pour ses leçons d'anglais pratique sur YouTube. Peu après avoir fait sa connaissance sur le groupe Francais d'Amerique du Nord sur Facebook, je me suis attachée à cette prof d'anglais bienveillante qui a réussi à moderniser l'apprentissage de l'anglais. Mariée à un Français, Christina est bien placée pour connaitre les difficultés linguistiques des expats français aux Etats-Unis. Si nos missions sont différentes, je me suis reconnue dans l'enthousiasme qu'elle déploit pour servir son audience.

A l'automne dernier, j'ai eu le plaisir d'échanger avec elle sur mon sujet de prédilection : la nourriture. Après une brève présentation (j'ai découvert que nous chacune traversé l'Atlantique il y a 15 ans), nous avons discuté, avec humour mais sans jugement, des surprises qui nous attendaient dans notre nouveau pays d'accueil. Notre échange en anglais a fait l'objet de deux vidéos que je suis ravie de partager avec vous aujourd'hui.

Dans la première vidéo, il est question, entre autres, de petit-déjeuner américain et de nos expériences respectives dans les supermarchés de nos pays d'accueil. J'y partage également mes conseils pour s'adapter à une nouvelle culture culinaire. Je vous laisse découvrir.


Dans la seconde vidéo, je dévoile l'identité de l'ingrédient américain incontournable (futur.e.s expats, prenez note !), j'explique la différence entre les farines française et américaine et passe en revue le vocabulaire culinaire anglais que j'aurais aimé avoir appris à l'école !



J'espère que vous prendrez autant de plaisir à regarder ces vidéos que Christina et moi avons pris à les réaliser. Si ne vous retenez qu'une chose de notre conversation, qu'il s'agisse de celle-ci : soyez curieux et gardez l'esprit ouvert lors d'une expatriation. Gardez votre enthousiasme et apprenez à rire de vos erreurs. Et si vous ne trouvez toujours pas de lardons aux Etats-Unis, faites appel à ma communauté de plus de 2500 gourmands sur Facebook, Bons plans gourmands aux Etats-Unis.

lundi 13 mars 2017

Prendre le temps


Aujourd'hui, je vais vous raconter une histoire. Il y a deux ans, je quittais mon emploi salarié sans autre projet que celui d'écrire mon livre, le Guide de survie alimentaire aux Etats-Unis. C'est une idée que j'avais depuis quelques années (9, pour être exacte) que j'avais repoussée dans un coin de ma tête pour un tas de raisons (pas le temps, manque de courage, honte de demander de l'argent pour une création). Le livre est finalement sorti en 2015, et je l'ai révisé au printemps 2016 (nouvelle couverture, refonte du chapitre chocolat).

C'est un livre que j'ai publié seule et dont la réalisation m'a donc demandé beaucoup d'effort. J'ai travaillé dur l'an passé, entre les lunch boxes, les sick days et les vacances des enfants. Pour être honnête, j'ai perdu sur le chemin toute envie de cuisiner. Je déjeunais dans les coffee shops, sautais des repas, dormais peu... Quelle ironie pour quelqu'un qui s'est fait connaitre grâce à un blog de cuisine. Et puis j'ai commencé à avoir des malaises et des crises d'angoisse. J'ai eu très peur pour ma santé et j'ai (presque) arrêté de travailler le soir. Pendant les vacances de Noël cette année, j'ai recommencé à cuisiner trois fois par jour en me promettant de maintenir ce rythme en 2017. Il y a eu des jours avec et des jours sans mais, globalement, j'ai réussi à tenir ma promesse.

Emincer des oignons pour les carbonades flamandes que mon amoureux aime tant...

Préparer une pâte à crêpes parce que Myriem vient à la maison...

Faire chauffer la crème de la ferme voisine pour les petites crèmes au citron que ma fille de trois ans réclame...

Rouler des boulettes de dinde au cumin en pensant à Sarah qui aurait du nous rejoindre à dîner...

Ces actes qui me donnent du plaisir. Et comme toutes les choses qui me donnent du plaisir, j'ai envie qu'elles durent.

Alors oui, je comprends que tout le monde ne prend pas de plaisir aux fourneaux. Oui, il y a des jours où j'aimerais bien qu'on me serve le petit déjeuner au lit. Oui, j'aimerais parfois mettre autre chose que du houmous dans les lunch boxes des enfants. Mais petit à petit, j'ai retrouvé le bonheur de prendre mon temps et de travailler avec mes mains.

lundi 6 mars 2017

Tournée des pâtisseries parisiennes : Pierre Hermé (2/5)

Crédit photo : Séverine P.
Vous aimez la pâtisserie ? Ca tombe bien, Séverine aussi. Elle a profité de son dernier séjour parisien pour faire la tournée des plus grandes pâtisseries. Lorsqu'elle m'a proposé de publier son compte-rendu sur mon blog, j'ai bien sûr dit oui ! Depuis février, Séverine nous entraine chez cinq pâtissiers parisiens à raison d'un pâtissier par mois. Ce deuxième billet de la série est consacré à la boutique Pierre Hermé, je vous laisse découvrir...

En juin 2016, je suis rentrée en France et, pour la première fois en 17 ans, j’ai passé plus de 24 heures à Paris, ma ville d’étudiante et de jeune adulte. Pour ce voyage, je m’étais fixé comme objectif de rendre visite à plusieurs grands pâtissiers qui me font rêver. J’avais mis trois adresses sur ma liste et j’ai fini par en visiter cinq : c’est ce que j’appelle un succès. Aujourd'hui, je vous invite à me suivre chez le pâtissier Pierre Hermé.

Crédit photo : Séverine P.
Pierre Hermé

Elu « Meilleur Pâtissier du Monde 2016 », surnommé le « Picasso de la pâtisserie », Pierre Hermé est un exhausteur de goût à lui tout seul. Bien que sa renommée soit faite sur ses macarons et son gâteau culte, l’Ispahan, toute sa pâtisserie n’est qu’explosion de saveurs et un mot d’ordre : le plaisir.
Je suis allée dans sa boutique de St Germain des Prés, rue Bonaparte. Devant tant de magnifiques gâteaux, ce festival de couleurs, de noms et l’évocation de saveurs tous plus succulents les uns que les autres, il a été difficile de choisir. Je me suis finalement décidée pour un assortiment de macarons et un fraisier.

Crédit photo : Séverine P.
Pierre Hermé est LA référence de la génération actuelle de pâtissiers. Il est tellement immense de par son talent que j’ai à peine osé rentrer dans sa boutique, aillant peur de déranger le maitre, de ne pas y être à ma place. Mais dès l’entrée, c’est l’empire des sens. Les couleurs, les goûts, les odeurs, la variété des produits proposés, on ne sait plus où donner de la tête.

Crédit photo : Séverine P.
La première bouchée du fraisier de ce maitre incontesté est de celles dont on peut dire « je peux mourir demain, j’ai mangé un gâteau de Pierre Hermé ». Le biscuit, la crème aux amandes, les fraises entières, la meringue brulée, le tout fond dans la bouche provoquant une explosion des saveurs. Chaque bouchée est plus extraordinaire que la précédente car elle révèle des subtilités qu’on n’avait pas remarqué la première fois (ou la deuxième, ou la troisième). Nous avons mangé ce gâteau le plus lentement possible pour qu’il nous dure le plus longtemps possible tellement il était bon.
Les macarons quant à eux sont indéniablement exceptionnels. De très loin meilleurs que ceux de Ladurée pourtant si réputés. Les coques sont cuites à la perfection et les crèmes (traditionnelles ou au yaourt, donc plus légères) sont d’une justesse incroyable. Je ne suis pourtant pas particulièrement fan de macarons mais là, je tire mon chapeau bien bas et j’en reveux.

A suivre...

Retrouvez tous les billets de la série ici.

mardi 7 février 2017

Tournée des pâtisseries parisiennes : L'Eclair de Génie, Christophe Adam (1/5)

Crédit photo : Séverine P.
Vous aimez la pâtisserie ? Ca tombe bien, Séverine aussi. Elle a profité de son dernier séjour parisien pour faire la tournée des plus grandes pâtisseries. Lorsqu'elle m'a proposé de publier son compte-rendu sur mon blog, j'ai bien sûr dit oui ! A partir d'aujourd'hui, Séverine va donc nous entrainer chez cinq pâtissiers parisiens à raison d'un pâtissier par mois. Ce premier billet de la série est consacré à L'Eclair de Génie de Christophe Adam, je vous laisse découvrir...

Bonjour, je m'appelle Séverine et je suis fan de pâtisserie. Après 7 ans en Finlande, je vis sur la côte nord-ouest des Etats-Unis depuis maintenant 10 ans. Ces dernières années, le mal du pays s’est particulièrement fait ressentir au niveau des douceurs et je me suis donc mise à pâtisser. J’ai aussi découvert des émissions telles que Qui sera le prochain grand pâtissier ou Le meilleur pâtissier. Cette dernière m’a tout particulièrement parlé car elle met en avant des candidats amateurs comme moi. J'ai ainsi découvert des noms comme Cyril Lignac, Christophe Adam ou Pierre Hermé et, à défaut de goûter à leurs créations, j’ai commencé à les suivre sur leurs pages Facebook et Instagram.

En juin 2016, je suis rentrée en France et, pour la première fois en 17 ans, j’ai passé plus de 24 heures à Paris, ma ville d’étudiante et de jeune adulte. Pour ce voyage, je m’étais fixé comme objectif de rendre visite à plusieurs grands pâtissiers qui me font rêver. J’avais mis trois adresses sur ma liste et j’ai fini par en visiter cinq : c’est ce que j’appelle un succès. Aujourd'hui, je vous invite à me suivre chez le pâtissier Christophe Adam.

Crédit photo : Séverine P.
L'Eclair de Génie de Christophe Adam

Ancien de la maison Fauchon ayant travaillé auprès de Pierre Hermé, Christophe Adam s’est spécialisé il y a quelques années dans l’éclair. Un petit gâteau bête comme chou dont les parfums jusqu’alors étaient très classiques : chocolat, vanille ou café. Il ouvre en 2012 sa première boutique L’éclair de génie à Paris. Il y en a à ce jour neuf à Paris et plusieurs autres dans le monde. Chaque boutique propose des éclairs, bien sûr, mais a aussi « sa » spécialité : glaces, café ou chocolats.

Crédit photo : Séverine P.
Je me suis rendue au Café L’éclair de Génie, rue Lepic, au pied de Montmartre et du Sacré Cœur. Nous avons goûté un éclair au chocolat et un éclair aux fraises des bois sur place et emporté des éclairs citron-yuzu, chocolat-coco, pralines-caramel au beurre salé et passion-framboise.
       
Christophe Adam rend la pâtisserie sexy et il est plutôt beau garçon ce qui ne gâche rien. Il a été le premier à inspirer ce challenge personnel. J'admire sa passion pour un produit particulier qu’il sublime à chaque transformation. Je voulais voir ça et surtout y goûter ! Et je n’ai pas été déçue : si certains parfums comme chocolat coco et fruits rouges sont plus classiques, d'autres comme le Yuzu et le Framboise-Passion m’ont transportée dans un univers gustatif que je ne connaissais pas. Chaque bouchée est une explosion de goûts et de saveurs subtils. Un vrai bonheur.

Crédit photo : Séverine P.
Christophe Adam a su sortir l’éclair des grimoires de grand-mère et lui redonner un sacré coup de jeune. Il en a fait un gâteau aux mille saveurs à part entière et, depuis que je suis passée à sa boutique, je n’ose plus manger d’éclairs de peur d'être déçue. Grâce à lui, j’ai aussi maitrisé la pâte à chou : c'est si simple quand le maître nous montre comment faire. Christophe Adam c’est mon chouchou à moi.

A suivre...

lundi 9 janvier 2017

Mes vœux pour 2017

Carte Quiet Boy Studio pour Trader Joe's
Après une semaine passée à me creuser la tête (je fais classique ou original ? Sérieux ou amusant ?), je suis venue vous présenter mes vœux pour 2017 : je vous souhaite plein de bonnes choses, comme la santé, l'amour et la prospérité ainsi que des lunch boxes qui se font toutes seules, puisqu'on y est.

En réalité, ce que je vous souhaite en 2017, c'est d'aller à la rencontre de vous-même. Ce n'est pas un chemin facile. Il est sinueux, rempli d'embûches et de mirages. La tentation sera grande de prendre les rêves des autres pour les vôtres mais il n'y a que vous pour découvrir qui vous êtes. Alors allez-y. Soyez déraisonnable. Ecoutez votre cœur. Séchez vos larmes. Allez là où vous conduit la peur.

Si je vous souhaite ça, c'est parce que moi, je veux vivre comme ça. Mais vous savez quoi ? J'ai peur. J'ai peur parce que je sais ce qui m'attend. Les faux départs. Les déceptions. La fatigue. Le ridicule. Les regards de l'entourage ("mais c'est quoi exactement ton travail ?") Combien de projets ai-je commencés sans finir ? Combien n'ai-je pas le courage d'aboutir ? C'est tellement plus facile de rester sur place. Le problème, c'est que c'est aussi beaucoup plus ennuyeux.

Cet hiver, pendant les vacances des enfants, j'ai fait une pause pour reprendre mes forces. Entre deux visites au musée, j'ai pris une grande respiration et décidé que cette année, je vais concrétiser mon rêve de créer un "Journal de bord gourmand aux Etats-Unis".

Ce journal, je l'imagine comme un compagnon de bord de mon Guide de survie alimentaire aux Etats-Unis. Je vais pouvoir en rendre l'intention - celle de sortir des sentiers battus - beaucoup plus explicite. Au fil des pages, on trouvera des invitations à vivre son expérience américaine avec humour, courage et gourmandise. On pourra y consigner ses souvenirs, les bonnes comme les mauvaises surprises (il y aura des pages réservées à ses frustrations) ainsi que ces petites choses d'apparence anodines mais remplies de sens. Un ticket de caisse de restaurant (votre premier repas aux US). Une carte de visite (votre restaurant à sushi préféré). Une recette de cuisine, offerte par un voisin ou une collègue (des cookies, par exemple). A chacun de retracer son parcours.

Concrétiser un projet de cette nature, c'est tout une succession d'étapes à accomplir : identifier un.e graphiste, une imprimerie, raturer une dizaine de brouillons, téléphoner à ses lectrices (et quelques lecteurs) pour confirmer qu'il s'agit d'une bonne idée, demander son avis à Jonathan, rassembler des devis, choisir ses prestataires, donner le coup d'envoi de l'impression, récupérer des cartons en espérant ne pas trouver de coquilles, humer le papier neuf et sourire, enfin. Et puis, ensuite, la magie de la première commande.

Il faut avoir le cœur bien accroché mais vous savez quoi ?

J'adore ça.

J'ai toujours aussi peur (ma mère aussi, croyez-moi) mais, maintenant que je vous ai confié mon projet, je ne peux plus reculer.

Alors, prêt.e.s à avoir peur ensemble ?

PS : au fait, un carnet de recettes aux pages blanches mais à la couverture assortie au journal, ça vous dit ?

PPS : faire partie des testeurs du journal, ça vous dit ?