dimanche 26 avril 2009

Après l'effort, le réconfort (III)



Si vous avez loupé les premiers épisodes, ça se passe ici et .

Nous sommes arrivées à Philadelphie aux alentours de 11h, soit bien en avance pour mon rendez-vous de midi avec le procureur. A l'intersection de Chestnut Street et de la 13ème, alors que nous étions arrêtées à un feu rouge, une vitrine a soudain capté mon attention.



Cupcakes ? Avais-je bien lu cupcakes ? Le feu est passé au vert avant qu'Anne ne puisse confirmer mes dires et nous avons continué notre chemin. Dommage.

Une fois arrivées à la cour fédérale, le timide agent du FBI est venu nous saluer. Il nous a expliqué que le procureur était encore au procès mais qu'il viendrait me voir aussitôt qu'il avait fini. Vers 13h, alors que je commençais à m'impatienter, le monsieur de l'IRS est enfin venu me chercher pour me conduire dans une salle de préparation. Le procureur m'a de nouveau fait répéter tout en picorant dans son déjeûner : une barre de ceréales Trader Joe's, un petit sandwich de pain de mie et une pomme. Le pauvre, ai-je pensé, comment fait-il pour tenir tête à des criminels en mangeant si peu ? Si j'avais su, je lui aurais ramené quelques restes de poulet rôti.

A 14h, Anne et moi sommes allées déjeûner avant de revenir au palais de justice, aux alentours de 15h. Nous avons attendu mon tour dans une salle miniscule et poussiéreuse en compagnie d'un autre témoin, ainsi que d'un agent du FBI fort sympathique.

A 16h, alors que je commençais à sérieusement douter de mon passage à la barre ce jour-là, la nouvelle est tombée : mon témoignage était repoussé au lundi. Mi-soulagée (d'avoir deux jours de plus pour calmer mes angoisses), mi-déçue (d'avoir fait une heure de route pour rien), j'ai invité Anne à prendre un café et plonger deux cuillères dans un tiramisu avant de rentrer à la maison.



Lundi matin, j'ai donc repris le chemin pour Philadelphie, toute seule cette fois, en pensant que cette fois-ci serait la bonne. Quand je rentrerais l'après-midi, le procès ne serait plus une source d'angoisse, mais un simple souvenir.

A 8h30, j'ai revu le procureur et nous avons répété pour la énième fois, dans une salle surchauffée et dont l'horloge sur le mur affichait l'heure avec 30 minutes de retard.

"Comment te sens-tu ? m'a t'il demandé. Es-tu à l'aise dans tes réponses ?
- Oh oui, ça va, j'ai simplement peur de revoir mon anicen employeur.
- Ne le regarde pas, m'a t'il conseillé, et concentre-toi plutôt le jury, qui sera sur ta gauche, ou bien sur moi. Tu verras, tout ira bien."

A 9h, je suis retournée dans la petite salle poussiéreuse.

A 10h, l'agent du FBI dynamique m'a prévenu de l'imminence de mon passage. Si je devais aller aux toilettes, c'était le moment.

A 10h30, mon tour est enfin venu. J'ai respiré un grand coup et je suis entrée dans la cour d'un pas décidé, en regardant droit devant moi.

Une fois à la barre, une dame m'a demandé de placer ma main gauche sur une Bible posée devant moi et de lever la main droite (comme dans les films !) et de jurer de dire la vérité et rien que la vérité (oh la la, comme dans les films !!). Le coeur battant, j'ai murmuré un "I do" à peine audible et je me suis assise dans le grand siège prévu à cet effet.

J'ai parcouru la salle d'un regard : le jury était à ma gauche, le procureur devant moi, le monsieur de l'IRS et la femme agent du FBI étaient assis à une table au milieu et mon ancien employeur, lui, se tenait plus loin, tout à droite. Je l'ai regardé quelques secondes : il était le même que dans mes souvenirs, l'enbonpoint en moins, la barbe en plus. Je n'ai senti ni colère, ni crainte en le voyant : l'interrogatoire pouvait commencer.

Mise à jour : vous pouvez lire l'épisode suivant ici :

vendredi 10 avril 2009

Kugel de matsah aux raisins secs



Chaque année, à l'époque de Pessah, mon petit déjeûner consiste d'une feuille de matsah (pain azyme) tartinée de harroseth que j'accompagne de café au lait. Le dimanche, lorsque j'ai plus de temps, j'aime préparer des bimuelos, croquettes de matsah frites, que je nappe généreusement de sirop d'érable. Cette année, par contre, je bouscule ma tradition : ce dimanche, c'est dans un kugel aux raisins secs que je vais mordre.

Dans la langue yiddish, le mot kugel désigne une sorte de pudding cuit dans un plat à gratin, généralement rectangulaire. Il existe des dizaines et des dizaines de recettes de kugel, certaines sucrées, d'autres salées, les plus connues étant semble t'il composées de nouilles. Je dois avouer ne pas en savoir beaucoup plus sur le sujet car le kugel ne fait pas partie de mon patrimoine culinaire. Ce kugel de matsah aux raisins secs est d'ailleurs ma première expérience en la matière... et sûrement pas la dernière ! J'ai beaucoup aimé sa texture moëlleuse, proche de celle d'un bread pudding, et son petit goût de cannelle. Comme on peut en plus le réaliser en avance et en quelques minutes, je lui donne d'ores et déjà rendez-vous à ma table de petit-déj' en 2010.



Kugel de matsah aux raisins secs (d'après une recette du site All Recipes)

Ingrédients pour 6 personnes
  • 2 cups (soit 480 mL) de matsah cassée en petits morceaux (soit l'équivalent, il me semble, de 3 feuilles de matsah)
  • 6 gros oeufs
  • 1/2 cup (soit 120 mL) de raisins secs
  • 1/2 cuillère à café de sel
  • 2/3 cup (soit 160 mL) de sucre (1/2 cup devrait à mon avis suffir)
  • 2 cuillères à soupe de cannelle
  • 1/2 stick (soit 55 g) de beurre fondu
Préparation

1. Préchauffer le four à 350°F (175°C). Beurrer un plat carré d'environ 8 pouces (20 cm) de côté.

2. Faire tremper les morceaux de matsah dans un bol d'eau pendant 10 min. Egouter.

3. Mélanger la matsah avec les oeufs battus en omelette puis ajouter les raisins, le sel, le sucre, la cannelle et le beurre fondu. Verser la préparation dans le plat beurré.

4. Glisser au four 50 à 60 minutes ou jusqu'à ce que le kugel soit doré et un peu gonflé.

5. Laisser refroidir sur une grille et déguster tiède.

Note

Je broye la matsah dans un sac congélation de type Ziploc en n'utilisant rien de plus que les mains. Pour la suite du feuilleton judiciaire, merci de bien vouloir encore patienter !

mardi 7 avril 2009

Bonnes fêtes de Pessah !



J'interrompts momentanément mon feuilleton judiciaire pour souhaiter à celles et à ceux concernés d'excellentes fêtes de Pessah ! Et si l'inspiration déserte votre cuisine lors des huit prochains jours, piochez donc dans ma sélection de recettes spéciales Pessah : essayez les marunchinos, ces petits macarons sépharades, ou encore les petits gâteaux au citron à la farine de matsah qui font mon bonheur chaque année... Bon appétit et bonnes fêtes !