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lundi 20 septembre 2010

Les chaussons au handrajo

 

Vous aimez le handrajo ? Vous l'aimerez encore plus dans ces petits chaussons dorés et croustillants : la recette me vient tout droit de ma maman, la reine des burikitas*. Je n'avais encore jamais préparé ces chaussons avant hier mais je suis très fière de vous annoncer qu'ils étaient aussi bons que ceux de ma maman !

La pâte de ces burikitas est très facile a réaliser : en fonction de la quantité de chaussons dont vous avez besoin, vous utiliserez un verre plus ou moins large comme mesure. Pour 18 à 20 chaussons, j'ai utilisé un petit verre à thé turc. Pour une trentaine de chaussons, utilisez un verre à moutarde. J'ai oublié de mettre un peu de levure dans ma pâte, ce qui s'est traduit par une pâte plus croustillante que celle de ma maman. Si vous souhaitez une pâte plus légère, ajoutez une pointe de couteau de levure chimique.

Grâce à Stéphanie et Lilou, qui m'ont demandé de partager cette recette, je découvre avec râvissement (et soulagement) que les recettes de ma maman n'ont rien de magique et que, moi aussi, je suis capable de recréer les saveurs qui ont bercé mon enfance. Un grand merci à elles pour ce cadeau.

* petits chaussons, en judéo-espagnol.



Les chaussons au handrajo de ma maman

Ingrédients
1 mesure d'huile
1 mesure d'eau
1 généreuse pincée de sel
Farine
Handrajo

1 jaune d'oeuf pour la dorure
Préparation

Préchauffer le four à 180°C (350° F).

Mélanger l'eau, l'huile et la pincée de sel dans un grand bol. A l'aide d'une cuillère en bois, incorporer suffisamment de farine de sorte à obtenir une pâte molle, légèrement collante et dont la consistance rappelle celle du lobe de votre oreille.

Etaler la pâte sur un plan de travail bien fariné. Lorsque l'épaisseur de la pâte ne dépasse pas plus que 2 ou 3 mm, y détailler plusieurs disques de 5 à 6 cm de diamètre en s'aidant d'un verre ou d'un emporte-pièce.

Garnir chaque disque d'une demie-cuillère à café de handrajo puis refremer le disque sur lui-même en prenant bien soin de bien sceller le chausson, avec un peu d'eau si besoin. Placer les chaussons sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurisé ou d'un matelas en silicone, badigeonner de jaune d'oeuf  et glisser au four 25 à 30 minutes ou jusqu'à ce que les chaussons soient bien dorés.

Laisser refroidir sur une grille avant de déguster tiède ou à température ambiante.

dimanche 12 septembre 2010

Handrajo



Dans la région d'Izmir, d'où ma famille est orginaire, "handrajo" est le nom que les Juifs donnent à une garniture composée d'aubergines, de tomates, d'oignons et, parfois aussi, de courgettes. Dans ma famille, nous préparons le handrajo sans aubergine mais avec des courgettes, pour le plus grand bonheur de mon cousin Joseph qui est fan des chaussons au handrajo de ma maman. Vous aussi, vous aimeriez ces chaussons : la pâte est dorée et légèrement croustillante, tandis que la garniture fond sur la langue en libérant de doux arômes d'oignon et de tomate.

Si je n'ai pas la patience de garnir de petits chaussons de handrajo, je me fais un plaisir de déguster ce mélange de légumes sur une tranche de pain fraichement grillée. On peut aussi en garnir un fond de tarte. N'hésitez pas à congeler le handrajo pour l'hiver, c'est un délicieux concentré de soleil pour contrer la grisaille.

Handrajo de ma maman

Ingrédients
2 courgettes
2 tomates
2 oignons
1 cuillère à soupe d'huile d'olive
sel, poivre
Préparation

Râper les courgettes, les tomates et les oignons : si vous avez un robot, c'est le moment de l'utiliser ! Transférer les légumes râpés dans une sauteuse et faire revenir dans l'huile d'olive à feu moyen. Laisser cuire 40 à 50 minutes en remuant de temps en temps. Le handrajo est prêt lorsque l'eau des légumes s'est évaporée et que le handrajo commence à coller à la sauteuse.

Note

On ajoute parfois du fromage râpé au handrajo avant d'en garnir des chaussons.

lundi 5 mars 2007

Orejas de Aman



Après les hamentaschens en 2005 et les travados en 2006, j'ai décidé que 2007 serait l'année des orejas de Aman (oreille de Aman en judéo-espagnol ou ladino). Que les non-initiés se rassurent, je parle de Pourim, la fête la plus joyeuse du calendrier juif. A cette occasion, il est de bon ton de se lâcher un peu, de se déguiser ou de faire des blagues à son voisin. Cette année, c'est dans la cuisine que je me suis laissée aller : "allégé", "diététique"... Voilà des mots dont j'ai oublié jusqu'à la signification hier après-midi alors que je préparais mon bain de friture. Les orejas de Aman, ce n'est rien d'autre que des petits beignets en forme d'oreille (si, si, regardez bien) parfois recouverts d'un sirop à base de sucre et de miel, parfois trempés dans le miel. Saupoudrez d'un peu de cannelle, décorez de quelques amandes effilées et dégustez sans plus attendre... Voilà encore une bonne raison de célébrer Pourim !

Comme pour beaucoup de recettes juives traditionnelles, il existe plusieurs variations autour de celle des orejas de Aman. Celle que je vous propose aujourd'hui est celle d'une dame que ma famille avait rencontrée en 2002 à l'occasion d'une rencontre gourmande à Paris. Les invités, tous originaires de l'ancien Empire Ottoman, étaient venus présenter leurs meilleures recettes de Pourim et je peux vous assurer que nous nous étions tous régalés. Je suis ravie de pouvoir présenter une recette de orejas de Aman sur mon blog car j'ai moi-même eu beaucoup de mal à en trouver (et ce n'est pas faute d'avoir cherché, n'est-ce pas Google ?). Celle du Petit livre des recettes juives de Sylvie Jouffa en propose bien une mais je suis un peu sceptique lorsque l'auteure nous demande de faire frire des bandes de pâte de 10 cm de long... Jamais vu des oreilles aussi longues, moi !



Orejas de Aman


Ingrédients

POUR LA PATE :

- 3 oeufs
- 1 pincée de sel
- 4 cuillères à soupe de jus d'orange
- 2 cuillères à soupe de sucre glace
- 1/4 de tasse de poudre d'amandes
- 2 tasses de farine
- 3 tasses d'huile pour la friture

POUR LE SIROP :

- 1 tasse de sucre
- 4 cuillères à soupe de miel
- 1/2 tasse d'eau
- 1/2 cuillère à soupe de jus de citron
- quelques amandes effilées et un peu de cannelle pour la finition

Préparation

LA PATE :

Battre les oeufs dans un saladier, ajouter le sel, le jus d'orange, le sucre et la poudre d'amandes. Verser la farine petit à petit et l'incorporer, d'abord avec à l'aide d'une cuillère en bois, ensuite avec les mains. La pâte doit être lisse et peu collante, sa texture soit rappeler celle du lobe de votre oreille.

Pétrir un peu et étaler la pâte sur quelques millimètres d'épaisseur sur une surface de travail farinée. A l'aide d'un verre, y couper des disques de 10 cm de diamètre. Couper ensuite chaque disque de manière à obtenir 2 demi-disques et pincer leur centre, réserver.

Faire chauffer l'huile à 350°F et y plonger les orejas, de préférence 2 par 2 pour éviter à la température de l'huile de trop baisser. Les orejas sont cuites lorsqu'elles sont bien dorées et qu'elles remontent à la surface. Les retirer de l'huile et les laisser refroidir dans un récipient recouvert de 2 feuilles de papier essuie-tout.

LE SIROP :

Mélanger tous les ingrédients dans une petite casserole et faire chauffer à feu moyen en remuant régulièrement pour faciliter la dissolution du sucre. Laisser réduire 5 minutes et verser le sirop chaud sur les orejas froides. Saupoudrer de cannelle et décorer de quelques amandes effilées. Laisser reposer un peu et déguster tiède.

Notes

Un grand merci à Sarah qui a eu la gentillesse de me transmettre la recette !!

Pour en savoir plus sur la fête de Pourim, faites un petit tour chez Otir !

jeudi 12 octobre 2006

La mouna de Déborah


Ma mouna...

La mouna, j'ignorais jusqu'à son existence jusqu'à ce que Clothilde laisse un commentaire à son sujet sur mon blog. Déborah, elle, je la connais depuis longtemps mais je ne l'avais pas vue depuis des années. Nous nous étions en effet perdues de vue jusqu'à ce que l'une de ses amies (que je remercie d'ailleurs chaleureusement au passage) lui parle de mon blog et l'encourage à le lire, pas plus tard qu'au mois d'avril. Or, vous le savez sûrement, le monde est petit et il n'a pas fallu longtemps pour que Déborah me reconnaisse derrière le hamburger et le croissant ! Elle m'a aussitôt envoyé un petit e-mail dans lequel elle m'a appris qu'elle vivait... à Washington DC, à 2h de chez moi. Je suis vraiment impatiente de la revoir et j'espère que ce sera chose faite avant la fin de l'année. En attendant, Déborah a bien voulu partager sa recette de mouna avec moi et j'espère que Clothilde (entre autres) sera heureuse de la trouver ici !

La mouna est une spécialité algérienne, c'est un gâteau levé parfumé à l'orange et au citron (d'après Déborah) ou à la fleur d'oranger et à l'anis (d'après Sandra) et fourrée de raisins secs.

Correction du 13 octobre : d'après Pia, "la mouna n'est pas une spécialité algérienne à la base : ce sont les pieds-noirs espagnols qui l'ont apporté en algérie. En espagne, ce sont les "monas" et on les fait traditionnellement pour Pâques. On plante un oeuf dedans d'ailleurs. Il y a une légende pied-noire comme quoi un certain général "Mouna" serait à l'origine de la brioche, mais c'est simplement une brioche pascale, comme il y en a (presque) partout en méditerranée."

J'imagine que chaque famille en possède une recette et que les parfums varient d'une cuisine à une autre. La recette de Déborah fait appel à du jus d'orange, du jus de citron, des amandes, des raisins secs et même du chocolat : ce doit être un peu pour tout ça que j'ai mangé une moitié de mouna à moi toute seule. J'ai du mal à resister à un pain bien chaud, pas vous ? Pour limiter les dégâts, j'ai néanmoins décidé de congeler ma deuxième mouna après qu'elle a refroidi. Le matin, au petit déjeûner, c'est un vrai délice !


... et celles de Déborah !

Le texte ci-dessous est de Déborah et je la remercie pour la recette.

Mouna, A préparer le soir

Pour 5 pains :
1kg de farine
100 g levure fraiche
300 g de sucre
4 œufs
1 verre d’huile
1 verre de jus d’orange
½ verre de jus de citron
1 paquet de raisins secs
Amandes ou noisettes
(et pour les amateurs de chocolat : 4 tablettes de chocolat noir, coupé en petits morceaux)

Délayer la levure dans de l'eau tiède. Mettre dans un grand saladier tous les ingrédients à l’exception des fruits et du chocolat.

Mélanger à la main. Bien pétrir. Ajouter de l’eau si nécessaire : la pâte doit être un peu moins compacte que celle de la Challah, elle doit être moelleuse.

Laisser reposer toute la nuit.

Le lendemain matin, la pâte aura bien gonflée et sera un peu sèche sur le dessus. Fariner le plan de travail. Prendre des morceaux de pâte sans la repétrir. Etaler les morceaux un par un au rouleau à pâtisserie pour former des carrés. Les garnir avec les fruits et les morceaux de chocolat (la recette traditionnelle est sans chocolat mais traditionnellement, il y a toujours des gourmands à table !)

Rouler la pâte sur elle-même (comme pour un gâteau roulé). Mettre les pains sur plaque de four fariné ou garnie de papier sulfurisé. Les badigeonner avec un jaune d’œuf et du sucre en poudre. Les laisser reposer 3/4h pour qu’ils gonflent.

(Certaines personnes ne font pas des pains mais des petites boules individuelles garnies au centre.)

Enfourner à 180° C (350°F) 45 à 50 min.

Photo : Déborah. La mienne n'était pas aussi bien roulée !

Notes

Pour mon 1er essai, j'ai grossièrement multiplié les proportions de la recette par 2/5 pour n'obtenir que deux pains. J'ai utilisé :

400 g de farine
34 g (2x17 g) de levure fraiche
120 g de sucre
2 œufs
80 mL d'huile
80 mL de jus d'orange
40 mL de jus de citron
2 poignées de raisins secs
2 poignées d'amandes hachees
un peu moins d'une tablette de chocolat noir

J'ai pétri la pâte au robot en résistant à la tentation d'ajouter plus de farine car je voulais obtenir une mouna bien moëlleuse. J'ai réussi !

mardi 19 septembre 2006

Ma Challah maison



Roch Hachanah (le nouvel an juif) approche à grands pas et vous êtes semble t'il nombreux à la recherche de recettes pour cette occasion. Une Challah, ça vous dit ? Alors allons-y !

La Challah est un pain juif que l'on prépare traditionnellement pour le vendredi soir et les jours de fête tels que Roch Hachanah. Quand on me demande de la décrire, je compare la Challah à une cousine éloignée de la brioche : elle est riche en oeufs, certes, mais contient beaucoup, beaucoup moins de beurre ! Comme la plupart des recettes transmises de génération en génération, il existe d'innombrables recettes de Challah et la mienne est elle-même une adaptation de celle d'une certaine Corinne Klafter.



Peu après mon arrivée aux Etats-Unis il y a un peu plus de quatre ans, j'ai vécu en face d'une synagogue libérale (reform comme on dit ici) où j'ai eu l'incroyable chance de suivre des cours de cuisine. Les ateliers étaient animés par des bénévoles qui m'ont appris à confectionner les hamentashens de Pourim et la Challah du Chabbat. Un dimanche après-midi d'automne, j'ai ainsi découvert les gestes rapides et adroits de la femme du rabbin alors qu'elle transmettait un peu de sa culture. L'espace d'un instant, j'ai imaginé cette dame petite fille dans la cuisine de sa grand-mère, mémorisant ses recettes et sa technique, et je me suis sentie privilégiée de pouvoir profiter à mon tour de son savoir-faire. J'avais quitté le cours avec une grosse boule de pâte à faire lever dans ma propre cuisine, ainsi que quelques recettes de Challah que j'ai rapidement rangées dans mon gros classeur blanc. A l'époque, mes compétences en cuisine étaient assez limitées il ne me serait même pas venu à l'esprit de faire mon propre pain dans la cuisine de mon minuscule studio. J'ai donc continué à acheter la Challah de mon magasin Whole Foods en espérant qu'un jour je trouverais le courage de rouvrir mon classeur.

Les mois ont passé et, début 2006, j'ai décidé de faire ma propre Challah, toute seule, comme je l'avais appris à la synagogue. En feuilletant mon classeur, je suis tombée sur une recette de Challah toute simple qui semblait pouvoir facilement se réaliser sans robot. J'ai donc retroussé mes manches, couvert mes mains de farine et découvert le plaisir de travailler la pâte à la main. Après quelques heures d'attente, j'ai goûté au privilège de pouvoir grignoter un morceau de pain à peine sorti du four. Un plaisir que je suis à mon tour heureuse de partager avec vous.



Ma Challah maison

Remarque préliminaire

Si l'idée de faire votre propre pain vous intimide, n'hésitez pas à essayer cette recette que je trouve particulièrement adaptée aux débutants. N'ayez pas peur, prenez simplement le temps de bien pétrir la pâte et soyez attentifs à sa texture qui deviendra plus souple et élastique à mesure que vous la travaillerez.

Ingrédients

- 3x125 g + 125 g (soit 3 à 4 cups) de farine de calibre T55 (aux Etats-Unis : unbleached all-purpose flour ou bread flour)
- 3 oeufs légèrement battus
- 3 cuillères à soupe de miel
- 17 g de levure de boulangerie fraiche
- 28 g de beurre froid
- 2 cuillères à soupe d'huile végétale
- 80 mL (soit 1/3 cup) cup d'eau bouillante + 60 mL (soit 1/4 cup) d'eau tiède
- 1 1/2 cuillère à café de sel

Préparation

Mettre le beurre, l'huile, le miel dans un grand bol et y verser les 80 mL d'eau bouillante. Quand le beurre a fondu et que le mélange est tiède (on doit être capable d'y plonger un doigt), ajouter les oeufs battus (en prenant soin d'en réserver 1 à 2 cuilérées à soupe pour le badigeonnage), la levure fraîche émiettée et les 60 mL d'eau tiède et bien mélanger avec une cuillère en bois. Ajouter les trois premières cups de farine une par une en mélangeant bien après chaque addition. Ajouter la quatrième cup progressivement en pétrissant à la main. Vous n'aurez pas forcément besoin de l'intégralité de la dernière cup, arrêtez-vous dès que la pâte ne colle plus que légèrement.

Pétrir entre 10 et 15 minutes ou jusqu'à obtention d'une pâte élastique. Huiler les parois d'un grand bol et y placer la boule de pâte. Recouvrir d'un linge propre et laisser reposer dans un endroit tiède à l'abri des courants d'air pendant au moins 1h ou jusqu'à ce que la pate ait doublé de volume.

Astuce >> Si la pâte ne lève pas assez vite, placez-là à proximité d'une petitte casserole dans laquelle vous aurez fait bouillir de l'eau.

Rompre la pâte à la main ou à l'aide d'une corne et pétrir à nouveau quelques secondes afin d'éliminer les bulles d'air. Laisser reposer 5 minutes (cela va permettre au gluten de se détendre) et diviser la pâte en deux. Pour une Challah ronde, façonner un gros boudin sur/au-dessus du plan de travail et le rouler en escargot.



Astuce >> Je préfère former mon gros boudin en l'air car la gravité effectue la moitié du travail !

Pour une Challah tressée, séparer le morceau de pâte en deux parties égales et suivre les instructions disponibles sur cette page.

Transférer les deux Challahs sur une plaque de cuisson recouverte d'un tapis en silicone ou d'une feuille de papier sulfurisé et recouvrir d'un linge propre. Laisser à nouveau reposer à l'abri des courants d'air pendant au moins 1h ou jusqu'a ce que la pâte ait doublé de volume.



Préchauffer le four a 170°C (soit 350°F). Badigeonner les Challahs d'oeuf battu et saupoudrer de graines de pavot ou de sésame (ou encore de rien du tout). Enfourner 25 a 30 minutes ou jusqu'à ce que les pains soient bien dorés. Laisser refroidir un peu avant de déguster.

Notes

Vous pourrez conserver votre Challah 3 jours à température ambiante à condition de bien l'envelopper dans du film alimentaire. Quand je prépare cette recette, je mange une Challah sur le champ et je place l'autre au congélateur. Je la laisse décongeler une nuit à température ambiante pour le petit-déjeûner du lendemain. Pour les curieux, la Challah ronde de la photo est actuellement au froid et nous la mangerons vendredi soir accompagnée de pommes, de grains de grenade et de miel.

Pour plus d'information sur Roch Hachanah, n'hésitez pas à consulter le billet que j'avais consacré à cette fête il y a un an :

dimanche 12 mars 2006

Les Travados de Pourim



Il y a quelques jours, ma mere m'a envoye un message pour me rappeler de l'immincence de la fete de Pourim. Elle a bien fait puisque je pensais que c'etait la semaine prochaine. Si je publie cette recette a temps, c'est bien grace a ma mere : merci a elle !

Pourim est l'une des fetes les plus joyeuses du judaisme. Dans ma famille, nous la celebrons autour de confections delicieusement sucrees, les travados. Les travados sont une specialite juive de l'ancien Empire Ottoman que nous mangeons traditionnellement a Pourim et Roch Hachannah (le nouvel an juif). Ces patisseries sont preparees a partir d'une pate croquante garnie d'un melange de noix, elles sont cuites au four avant d'etre plongees dans un sirop compose de miel et de sucre. Je vous laisse imaginer. A la degustation, c'est (dans l'ordre d'apparition) collant, moelleux, sucre, croustillant et savoureux. Evidemment, le travado n'est pas l'allie de votre regime mais Pourim ne tombant qu'une fois par an, je ne vois pas pourquoi je devrais me priver.

Contrairement a d'autres culino-blogueurs, je n'ai pas appris grand chose dans la cuisine de ma mere. Que voulez-vous, a l'epoque, je preferais manger... J'ai bien change depuis. Quand je suis arrivee aux Etats-Unis, j'ai regrette de ne pas avoir appris les recettes de ma mere et, en attendant un prochain sejour en France, j'ai fait l'acquisition d'un petit livre de cuisine sepharade, The Best of Sephardic Cooking. J'y ai, entre autres, decouvert la recette des travados qui, a ma grande surprise, m'a permis de retrouver le gout de ceux de ma maman. Ouf, j'etais sauvee !

Comme beaucoup de recettes transmises de mere en fille, la recette du livre est assez approximative puisqu'elle ne precise pas les quantites exactes de farine. J'en rajoute petit a petit jusqu'a ce que la consistance soit semblable a celle du lobe de mon oreille : ca peut vous paraitre bizarre mais c'est comme ca que mes ancetres dictaient leurs recettes !

La recette des travados est moins connue que celle des hamentaschens dont je vous avais deja parle l'an dernier. En publiant ma recette sepharade, j'espere lui donner plus de visibilite et je serais heureuse qu'un internaute tombe dessus alors qu'il cherchait desesperement la recette de sa grand-mere. En attendant, je vous souhaite de bonnes fetes de Pourim et une excellente semaine !



Les Travados de Pourim (d'apres The Best of Sephardic Cooking)

Ingredients pour une vingtaine de pieces

Pour la farce :
- 120 mL (soit 1/2 cup) de cerneaux de noix
- 50 g (soit 1/4 cup) de sucre
- un oeuf
- 1 pincee de cannelle

Pour la pate :
- 120 mL (soit 1/2 cup) d'huile
- 60 mL (soit 1/4 cup) d'eau
- de la farine
- 1 pincee de bicarbonate de soude (baking soda)

Pour le sirop :
- 120 mL (soit 1/2 cup) de miel
- 120 mL (soit 1/2 cup) de sucre
- 120 mL (soit 1/2 cup) d'eau
- 1 cuillere a soupe de jus de citron

Preparation

LA FARCE

Placer les noix dans un petit hachoir ou dans un robot et pulser quelques secondes. Vous devez obtenir une sorte de poudre de noix grossiere ainsi que des petits morceaux. Melanger les noix moulues, l'oeuf et le sucre dans un bol puis reserver, de preference au frais.

LA PATE

Prechauffer le four a 180° C (soit 350° F) et recouvrir une plaque de cuisson d'une feuille de papier sulfurise. Melanger l'eau, l'huile et le sucre dans un grand bol et fouetter pendant quelques secondes. Ajouter la farine par petites poignees en prenant soin de bien l'incorporer apres chaque addition. La pate est est prete lorsqu'elle est souple, un peu suintante et que sa consistance rappelle celle du lobe de votre oreille.

Conseil : melanger les deux ou trois premieres poignees de farine a l'aide d'une cuillere en bois, poursuivre ensuite avec les mains.

Etaler la pate sur un plan de travail prealablement farine jusqu'a ce que celle-ci mesure 2 a 3 mm d'epaisseur. Y decouper des ronds a l'aide d'un emporte-piece ou d'un verre de 5 a 6 cm de diametre. Etaler legerement la pate dans la paume de la main et y placer une petite cuillere a cafe de farce. Attention, il faut eviter de trop en mettre ! Replier chaque cercle de en deux et sceller soigneusement les extremites. Placer le travado sur la plaque de cuisson et repeter l'operation jusqu'a epuisement de la pate.


Travados avant cuisson

Enfourner jusqu'a ce que les biscuits commencent a dorer, 30 minutes environ. Laisser refroidir.
LE SIROP

Faire bouillir le miel, le sucre, l'eau et le jus de citron dans une petite casserole a fond epais jusqu'a ce que le sucre soit dissout. Plonger 2 a 3 travados dans le sirop bouillant et les laisser 2 a 3 minutes. Retirer les travados a l'aide d'une cuillere a trous et disposer sur une assiette resistant a la chaleur. Repeter l'operation jusqu'a ce que tous les travados soient recouverts.

Laisser refroidir et placer dans une boite hermetique a temperature ambiante. Le livre conseille de les garder au refrigerateur mais je ne suis pas tres convaincue.

Note

Quand les travados sont prets, n'hesitez pas a faire reduire le sirop en un caramel epais et a en napper legerement les travados. Le caramel sombre que vous voyez sur les photos provient de ce deuxieme nappage.

On peut utiliser des amandes ou des noisettes a la place des noix. J'ai pour ma part utilise des noisettes car mes noix etaient completement perimees. Les proportions de la garniture etant genereuses, vous pouvez utiliser les restes pour la recette des hamentaschens.

vendredi 25 mars 2005

Hamentashens



Alors que les Chretiens s'appretent a celebrer Pâques, les Juifs fetent aujourd'hui meme Pourim. Il s'agit de l'une des fetes les plus joyeuses du judaisme durant laquelle il est d'ailleurs fortement encourage de se deguiser, meme durant la priere ! C'est egalement l'une de mes fetes preferees en raison de l'histoire a l'origine de cette celebration.

Pourim commemore en effet le salut du peuple juif en Perse aux alentours du Veme siecle avant JC. Grace a la ruse de la reine Esther et de son oncle Mardochee, les Juifs echappent aux intentions criminelles de Haman, vizir du roi Assuerus. L'histoire de Pourim ne rapporte aucune intervention divine et c'est bien la son originalite. Je percois cette histoire comme le triomphe d'une heroine, Esther et, petite, je vous assure que j'etais tres fiere de porter presque le meme prenom qu'elle !

Vous vous en doutez, Pourim est egalement l'occasion de preparer de delicieuses patisseries. Dans ma famille, la coutume est de preparer des travados. Ce sont des petits ronds de pate garnis d'un melange de noix que l'on plonge ensuite dans un sirop a base de miel. Ces travados sont moelleux et collants a l'exterieur et croustillants a l'interieur. Ils sont delicieux mais un peu trop sucres a mon gout. Les travados de ma mere sont delicieux, les miens ne sont pas mauvais non plus mais je manque encore un peu d'experience.

Les Juifs americains, majoritairement originaires d'Europe de l'Est, preparent quant a eux des biscuits fourres appeles Hamentaschens. En Yiddish, cela signifie "poches de Haman". Il y a deux ans de cela, j'avais suivi des cours de cuisine a la synagogue et j'ai appris a preparer ces merveilles. Ces biscuits ne sont pas trop sucres et leur pate n'est ni trop dure, ni trop moelleuse. D'autre part, on peut les garnir de toutes sortes de farces, en fonction de l'inspiration du moment.

Ma garniture preferee est celle des travados, une melange de noix, de sucre et d'oeuf dont je vous donne ici la recette. Il est egalement possible de fourrer les biscuits de pate a tartiner au chocolat (maison ou pas) ou de confiture (attention cependant a ne pas trop en mettre). Hier, j'ai pour la premiere fois utilise du lemon curd et j'ai trouve cela plutot reussi.

Quelque soit votre religion, j'espere que vous essaierez ces biscuits ! Ils sont tres originaux et faciles a faire. La technique de collage des extremites n'est pas forcement facile a suivre mais je vous donne des explications en photos pour vous aider.

Hamentaschens (d'apres The Philadelphia Inquirer, Mars 1981)

Ingredients (pour 24 biscuits)

- 65 g (soit 1/4 cup) de sucre
- 28 g (soit 2 cuilleres a soupe) de beurre ramolli
- 1 oeuf
- 1/2 cuillere a cafe d'extrait naturel de vanille
- 165 g (soit 1 1/3 cup) de farine
- 1/2 cuillere a cafe de levure chimique
- 1 pincee de sel
- le zeste rape d'un citron (facultatif)
- 1 oeuf battu pour badigeonner les biscuits (facultatif)

Preparation

- Prechauffer le four a 180 degres C (soit 350 degres F).

- Dans un grand bol, battre le beurre et le sucre en pommade a l'aide d'un fouet electrique. Ajouter l'oeuf et l'extrait de vanille et continuer de battre jusqu'a ce que le melange soit homogene. Incorporer la farine, la levure, le sel et le zeste a l'aide d'une spatule, en prenant soin de ne pas trop travailler la pate. Rouler la pate en boule dans du film alimentaire et la placer 45 minutes au refrigerateur.
Note : si vous n'arrivez pas a obtenir une belle pate homogene, ajouter une a 2 cuilleres a cafe de lait.

- Etaler la pate sur une surface legerement farinee, jusqu'a ce que celle-ci fasse environ 3 millimetres d'epaisseur. A l'aide d'un verre ou d'un emporte-piece, decouper des ronds de 5 a 8 cm de diametre. A titre de comparaison, j'ai utilise un verre de 7 cm de diametre.



- Remplir a present chaque rond d'une cuilleree a cafe de garniture. Attention a ne pas trop etre genereux sous peine d'eruption pendant la cuisson !



- Nous arrivons a present au plus delicat : la fermeture des petites poches. Pincer les deux extremites inferieures a l'aide de vos doigts : cela va creer un troisime pli en haut qu'il ne reste plus qu'a fermer. J'ai pris une photo pour vous donner une idee mais on ne voit pas ma deuxieme main puisqu'elle est occupee a tenir l'appareil. Il faut juste l'imaginer en bas et ca va tout de suite mieux.



Note : si les bords ne collent pas, vous pouvez legerement les humidifier avec un peu d'eau ou de lait.

- Disposer les biscuits sur une plaque de cuisson recouverte de papier sulfurise ou d'un tapis en silicone, puis badigeonner les cotes des hamentashens d'oeuf battu. Enfourner 15 a 20 minutes, ou jusqu'a ce que le pate commence a dorer. Laisser refroidir sur une grille.

- Ces biscuits se conservent plusieurs jours dans une boite hermetique. La pate restera dans ce cas legerement tendre. Si vous preferez vos biscuits durs, laissez-les a l'air.

Notes

Je ne l'ai pas precise dans la recette mais vous pouvez bien entendu refaire une pate avec les chutes. Autre chose : les hamentashens supportent tres bien la congelation.

Garniture aux noix

- 360 mL (soit 1 1/2 cup) de noix concassees
- 125 g (soit 1/2 cup) de sucre
- 1 oeuf
- 1 pincee de cannelle ou de cloux de girofle rapes

Melanger tous les ingredients dans un bol et reserver.